La pêche d'étang, une gestion écologique
L’Étang de Beaumont, bel étang solognot couvrant une trentaine d’hectares, appartient depuis fin 1996 au Conservatoire d’espaces naturels de la région Centre, qui le gère depuis lors de façon à en préserver les richesses faunistiques et floristiques.
L’un des moyens les plus efficaces de gestion de ce type de milieux repose sur la pêche traditionnelle encore en usage sur de nombreux étangs. Elle permet la minéralisation des vases et contribue au maintien des qualités physico-chimiques de l’eau. Elle est ici organisée au filet par Monsieur Hennequart, pisciculteur à Saint Viâtre.
2014 : une pêche fructueuse
Suite à l’assec de 2012 (l’étang est resté dépourvu d’eau toute l’année), l’étang a été pêché cette année, le vendredi 24 octobre.
A 9h00 précises, c’est environ une trentaine de personnes qui se sont rassemblées pour assister à cette pêche, profiter du café et des viennoiseries offerts par le Conservatoire et discuter de la gestion du site et notamment des travaux qui ont été réalisés dernièrement près des déversoirs. La question de la reconnexion de l’étang avec le cours d’eau qui l’alimente a également été abordée.
Entre deux remplissages de camions, les visiteurs ont pu observer les oiseaux solognots, visibles depuis la digue : 40 grandes aigrettes, hérons cendré, fuligules morillon et grèbes huppés étaient présents eux aussi ce jour là, « par l’odeur alléchés » peut-être...
Ce sont Maurice Sempé, conservateur du site pour le Conservatoire, et Yvan Sionneau, chargé de gestion écologique de l’association, qui ont accompagné les visiteurs, petits et grands durant cette matinée de découverte qui ne s’est terminée que vers midi.
La minéralisation des vases occasionnée par l’assec de l’an dernier semble avoir été bénéfique à la production de poissons.
La pêche a, en effet, été très bonne cette année puisqu’il a été pêché, en quelques heures, plus de 3 400 kg de poissons commercialisables (tanches, gardons, sandres, perches et brochets) ainsi qu’un peu plus de 1 300 kg d’espèces non commercialisables comme le Carassin ou la Perche Arc-en-ciel.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, rares sont les poissons-chats qui ont été extraits de l’étang. Selon le pisciculteur, cette espèce craint le froid, qui rend les individus peu mobiles : ils deviennent alors des proies faciles pour les grands cormorans.
Les poissons récoltés serviront à réempoissonner d’autres étangs via les fédérations de pêche locales. La commercialisation des plus gros spécimens s’effectue auprès des restaurateurs ou des commerçants des alentours.
Le groupe de travail et de réflexion des « Amis de l’Étang de Beaumont » était présent à cette occasion. Ce groupe a été créé pour apporter des propositions complémentaires de gestion et d’amélioration de l’étang, chapoté par les conservateurs du site (bénévoles, ambassadeurs locaux, nommés par le Conservatoire). Ce petit groupe est ouvert à tous ceux qui, adhérents ou non du Conservatoire, souhaiteraient s’investir encore plus dans la préservation du site.
Une pêche dorénavant bisannuelle
La prochaine pêche n’aura lieu maintenant que dans deux ans. Le Conservatoire a en effet proposé, dans le nouveau plan de gestion du site, de passer à titre expérimental à une pêche bisannuelle (et non plus annuelle) pour une durée de six ans, et ce en raison des difficultés récurrentes de remplissage de l’étang durant les hivers secs, ainsi qu’en raison de l’impact de l’assec sur l’avifaune hivernante.
Pour tous renseignements sur les actions du Conservatoire, sur le site, pour vous procurer la plaquette d’informations du site ou devenir bénévole du Conservatoire, ou encore pour en savoir plus sur le groupe des « Amis de l’Etang de Beaumont », contactez l'antenne Indre-et-Loire /Loir-et-Cher du Conservatoire.
Photos Maurice Sempé