Autrefois largement répandues dans les campagnes, les messicoles, plantes caractéristiques des moissons, ont régressé au XXe siècle en raison des évolutions des pratiques culturales ou inversement, de l’abandon des cultures. Qualifiées de « plantes commensales de nos moissons », elles ont un lien de dépendance avec les cultures auxquelles elles ne portent pas préjudice ; on les exclut du groupe des « mauvaises herbes », qui devrait théoriquement se limiter aux espèces entrant en compétition avec la culture. Cependant, avec les modifications successives des pratiques, visant à augmenter la productivité des céréales et à éliminer les espèces adventices, un certain nombre d’entre elles sont en danger d’extinction. Adaptées à survivre aux labours et à profiter des soins culturaux, elles sont en effet sensibles aux méthodes de désherbage modernes : tri des graines, désherbage mécanique profond ou au moyen d'herbicides.
D'origine moyen-orientale, ce sont essentiellement des plantes annuelles d’hiver. Parmi les plus répandues, on peut citer le Coquelicot (Papaver rhoeas), le Bleuet (Cyanus segetum) et les Matricaires (genre Matricaria).
La raréfaction, voire l’extinction, d’un certain nombre d’espèces a entraîné la mise en œuvre d’un Plan national d’actions (PNA) dédié, avec une gestion favorisant le maintien de leurs populations. La diversité floristique contribue en effet au fonctionnement de l’agro-écosystème, pour lutter contre les ravageurs, accueillir des pollinisateurs ou nourrir les oiseaux des plaines. Maintenir la diversité existante ou mettre en place des aménagements agroécologiques de type « bandes fleuries » constituent deux voies pour valoriser le rôle fonctionnel de ces plantes, qui sont des indicateurs directs de biodiversité dans l’espace agricole. Le PNA, décliné en région, est piloté et animé par le Conservatoire botanique national du Bassin parisien.
Parmi les espèces menacées en région Centre-Val de Loire, citons la Caméline à petits fruits (Camelina microcarpa), le Buplèvre ovale (Bupleurum subovatum) ou encore le Pavot hybride (Papaver hybridum).
On les retrouve en périphérie de nombreux sites gérés par le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire, jouxtant des zones cultivées, en particulier de pelouses sèches, comme par exemple sur les Puys du Chinonais (37), les Prairies du Fouzon (41) ou encore la Réserve naturelle régionale de la Vallée des Cailles (28).
Sources : Plan national d’actions Messicoles, Wikipedia
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