De mares en mares
Ce qui qualifie le mieux les mares, c’est leur taille et le fait que leur niveau d’eau n’est dépendant que de facteurs naturels : pluviométrie, ruissellement, évaporation.
On considère que leur surface ne dépasse pas les 2 000 m² *, soit la surface d'environ deux piscines olympiques. Mais elles n’occupent le plus souvent que quelques mètres carrés. Leur profondeur n’excède pas les deux mètres.
Née d’une dépression formée dans un sol imperméable et alimentée par les eaux de pluie, de ruissellement ou encore d’une nappe souterraine, la mare est alors naturelle. Dépendante de facteurs extérieurs, elle peut facilement s’assécher s’il ne pleut pas et s’il fait chaud. Elle peut donc aussi être temporaire.
De nombreuses mares ont en revanche été creusées par l’homme, à partir du moment où la démographie l’a poussé à s’éloigner des rivières pour couvrir ses besoins en eau : abreuvoirs, nettoyage des chevaux après le labour, usages domestiques, artisanaux ou de loisirs, réserves d’eau en cas d’incendie et plus récemment épuration des eaux de ruissellement des routes...
Ainsi, selon leur situation géographique et leurs usages, on trouvera des mares forestières, fréquentes notamment en forêt d’Orléans, des mares de prairies ou de champs, des mares de village et des mares de bord de route.
* Selon les sources, cette surface est parfois portée à 5 000 m²
Les différents types de mares
Mare de prairie
Mare forestière
Mare de village
Mare de bord de route
Les mares : petites mais costaudes !
Petite, la mare l’est le plus souvent. Mais cela ne l’empêche pas d’être un vrai concentré de biodiversité. Son grand intérêt est qu’elle apporte de la nature dans des secteurs anthropisés*, en contexte urbain, périurbain ou cultivé.
Sa faible profondeur induit un réchauffement rapide de l’eau et une luminosité importante, ce qu’apprécient de nombreuses plantes qui s’installent sur les berges, à la surface ou sous l’eau. Les variations du niveau d’eau selon les conditions météorologiques sont un facteur supplémentaire de diversité biologique avec l’installation de plantes spécifiques à ces conditions.
Cette grande variété floristique favorise la présence de nombreux animaux qui utilisent la mare comme point d’eau, terrain de chasse (mammifères, oiseaux) ou sites de reproduction, avec la présence remarquée au printemps des grenouilles comme la Grenouille verte ou la Rainette verte, des crapauds et autres batraciens, dont le Triton crêté, espèce reconnue d’intérêt européen, ou encore celle de très nombreux insectes.
Les mares proches des villes et des villages ont un intérêt culturel, par le témoignage qu’elles apportent de certains usages passés. Elles ajoutent également un attrait paysager non négligeable dans certains secteurs très artificialisés. Pédagogiques, elles sont parfois la seule illustration de la biodiversité proche des habitations.
Mares, subtils équilibres entre usages et nature
Avec l’arrivée de l’eau potable au robinet, les mares ont bien souvent perdu leurs fonctions initiales et, avec elles, leur intérêt apparent pour l’homme. Elles sont fréquemment négligées, perçues comme des lieux insalubres*, utilisées à d’autres fins moins propices à la biodiversité (décharges) ou simplement comblées.
De plus, leur petite taille, le faible volume d’eau qu’elles abritent, leur caractère temporaire, les rendent instables et très sensibles à certains paramètres : la pollution peut y faire des ravages (accumulation de pesticides en milieu agricole, acidification* ou encore eutrophisation* générale des milieux). L’intensification des pratiques agricoles contribue également à la réduction de leur nombre.
Sans intervention, elles sont progressivement comblées par la vase qui s’accumule, elles s’assèchent et sont petit à petit envahies par la végétation, assez pour que la dépression légère du sol qui subsiste demeure la seule trace encore visible de ce qu’elles ont été.
Comme de nombreux milieux naturels, elles sont aussi sujettes à l’invasion par des espèces exotiques, comme la Jussie, belle plante aux fleurs jaunes, qui apprécie particulièrement les eaux peu agitées.

Le devenir d'une mare abandonnée
La mare idéale ?
Prendre conscience de l’intérêt des mares est un préalable essentiel.
Pour les conserver, il faut ensuite intervenir afin d’éviter leur comblement naturel.
Les mares sont d’autant plus intéressantes qu’elles sont présentes en grand nombre sur un territoire, et reliées entre elles par des fossés, chemins, haies ou franges boisées, formant un réseau de milieux, ou des corridors biologiques, essentiel pour la circulation et la pérennité des espèces.
Un réseau de mares préservé