Ophrys apifera
C'est sans doute l'une des plus spectaculaires orchidées de nos contrées. L'étymologie est relativement claire : elle vient du grec ancien ὀφρῦς, ophrûs (« sourcil ») probablement car les labelles de ce type d'orchidées sont en partie poilus. Api veut dire « abeille » et Fera « qui porte ». Logique puisque son labelle mime l'abdomen d'une abeille. Non contente de ressembler à cette famille d'insectes, la fleur émet aussi des phéromones pour attirer des abeilles mâles. Elle compte en effet sur elles pour transporter le pollen de fleur en fleur et assurer la fécondation. Malgré toute cette sophistication, l'autofécondation est fréquente. Autant dire que la plante fait des bébés toute seule ! Ce qui semble être à l’origine de l’apparition de nombreuses formes particulières, des hybrides assez nombreux.
D'une taille variant de 20 à 50 cm, l’Ophrys abeille est plus petit que son alter ego l'Ophrys bourdon et plus tardif (mai-juin). Il se reconnaît à son labelle très bombé dont l’appendice est rabattu en arrière. Ses sépales sont blancs ou roses, les pétales étant très courts.
Assez commune, elle pourra être vue essentiellement sur des pelouses calcaires, plutôt ensoleillées, comme la Vallée aux Lièvres (Cher), les Pelouses de Charpont (Eure-et-Loir), l'Éperon de Murat (Indre-et-Loire)...
Crédit photo © Martial Queyrie