La Vipère aspic
Vipera aspis
Serpent suscitant souvent la crainte chez l'homme, la Vipère aspic est une espèce diurne qui se distingue par sa petite taille. Elle ne mesure que 70 cm en moyenne contre plus d’un mètre, généralement, pour les couleuvres. Si une vipère peut vous sembler grande, vous la distinguerez de la couleuvre par son corps épais, sa tête triangulaire, ses pupilles verticales, son nez retroussé et sa couleur café à brun foncé, parfois rougeâtre, qui affiche nettement des traits noirâtres en zigzag. Sachez enfin qu’une couleuvre est capable de se redresser face à un bâton, mais pas une vipère !
La Vipère aspic, qui supporte difficilement le froid, hiberne en attendant le mois de mars pour se reproduire. Elle recherche les endroits chauds pour dégourdir son corps à sang froid, convoitant les massifs rocailleux, broussailleux, pentus ou parfois les lisières, les haies et les tas de pierres en plaine. Bien qu’elle soit venimeuse, comme les autres serpents du genre Vipera, la vipère cherche avant tout à fuir lorsqu’elle est en danger. Mais face à un prédateur inévitable, elle se mettra en boule et se défendra d’une potentielle attaque en sifflant avant se lancer comme un ressort contre son agresseur.
En cas de morsure, cela reste généralement sans gravité car la vipère économise son venin pour ses proies et en injecte peu pour sa défense. Pour distinguer les morsures, notez que celle de la couleuvre laisse une égratignure en demi-cercle, correspondant à sa dentition, tandis que celle d’une vipère, qui « pique » plus qu'elle ne mord, ne présente que deux points nets laissés par les crochets venimeux.
Bien que classée en « préoccupation mineure » au niveau international, dans son aire principale de répartition, en zone ouest de l’Europe, elle serait en déclin du fait de son extermination, résultat de sa mauvaise réputation ainsi que de la destruction de son habitat, notamment par l’intensification de l’agriculture. Le broyage mécanique et le nettoyage excessif des surfaces de cultures et des lisières détruisent les friches et les ronciers propices à sa survie. Cette espèce à faible densité a des difficultés à survivre dans des îlots, sans corridors pour se déplacer et assurer le mélange génétique nécessaire à la survie de toute espèce. Le rôle des serpents, et donc des vipères, est pourtant primordial, de par leur régime alimentaire et leur place dans la chaîne alimentaire, en tant que proie des rapaces notamment. Il faut noter que tous les serpents d’Europe sont protégés par la loi et qu'il est, de ce fait, interdit de les détruire ; tout contrevenant s’expose à une amende allant de 91 à 915 €.
La Vipère aspic est protégée sur les espaces naturels préservés par le Cen Centre-Val de Loire de même que toutes les autres espèces de reptiles et d’amphibiens. En Indre-et-Loire, le Conservatoire travaille en collaboration avec la Société herpétologique de Touraine, dans le cadre d’une convention, pour aider à la réalisation d’un atlas décrivant toutes les espèces d’amphibiens et de reptiles du département. Il participe à l’inventaire en disposant des plaques sur ses sites, augmentant les chances d'observer les reptiles venant s’y réchauffer. Ces études ont pour but de mieux connaître les espèces et leur milieu et de les valoriser auprès du grand public.
Pour aller plus loin : atlas départemental http://sht37.fr/index.php/atlas-departemental
Article rédigé par Mélanie Bouyssou, stagiaire au Cen Centre-Val de Loire en 2014.
Photo : André Dutertre.