La migration des grues cendrées
Levez la tête… tout en gardant un œil devant vous ! La grande migration des grues cendrées (Grus Grus) a commencé en octobre et est train de se terminer. Un spectacle bisannuel que les amateurs de cet oiseau migrateur parmi les plus grands d’Europe (180 à 240 cm d’envergure) ne manqueraient sous aucun prétexte.
Les ailes du désir
Les couples de grues restent fidèles toute leur vie… ce qui n’est pas si courant, d’autant que ces dernières peuvent vivre 17 ans. Réunies par dizaines dans une formation en « V » caractéristique, associée à des cris de guerrières, les grues donnent l’impression qu’un Pearl Harbor est en train de se préparer. Pour les Égyptiens, les grues allaient même combattre les Pygmées aux sources du Nil.
En réalité, elles cherchent simplement à rejoindre une terre plus clémente pour passer l’hiver, comme bien d’autres espèces, dans le sud-ouest de l’Europe ou de l’autre côté de la Méditerranée.
4 000 km à parcourir cou et pattes tendus, ce n’est pas une mince affaire. D’autant que le chemin du retour s’effectue au printemps pour assurer la reproduction et la nidification en Pologne, Scandinavie, pays Baltes et autres Russie. Les réserves de graisse doivent être suffisantes pour prendre le départ. Tout cela s’effectuant à vitesse grand V : 40 à 80 km/h, ce qui fait qu’elles peuvent traverser la France en une journée !
Et bien souvent, elles survolent la région Centre-Val de Loire, celle-ci se trouvant "pile-poil" sur leur trajectoire. Il arrive même qu’elles fassent une halte dans une prairie. De quoi ravir leurs admirateurs brennous et solognots, généralement bien servis.
Rendez-vous donc dès la mi-février pour assister au passage en sens inverse. D’ici là, libre à vous de faire le pied de grue !
Photos : grues de passage en Sologne et dans le pays Castelroussin - © M. Queyrie