La Grande douve
Ranunculus lingua


Dans la famille des renoncules, elle est la plus élevée par la taille, de 50 à 120 cm. Outre ce critère, la Grande douve se distingue de ses congénères par la largeur de ses pétales, de 3 à 3,5 cm de diamètre, d’un jaune d’or luisant. Son nom latin évoque la grenouille rana, car elle fréquente les mêmes lieux humides, et la forme de ses feuilles figurant une langue. Sa floraison intervient généralement en juillet-août. La Grand douve est une espèce semi-aquatique qui affectionne les prairies marécageuses, les tourbières neutro-alcalines à légèrement acides, les mares, étangs et fossés en eau. Pas étonnant donc qu’elle ait suivi la régression généralisée des zones humides dans notre pays; on l’y rencontre encore en de nombreuses stations très ponctuelles avec un nombre d’individus assez faible. Mais elle devient rare à l’échelon du pays, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être protégée sur l’ensemble du territoire national.
La Grande douve ne supporte pas l’assèchement des zones humides par drainage ou par régulation des niveaux d’eau. Espèce de pleine lumière, elle ne résiste pas non plus à la fermeture de son habitat par les grands hélophytes (roseaux, carex) et surtout les arbustes (saules) qui lui procurent un ombrage trop important.
La Grande douve n’est plus connue du Loir-et-Cher ; elle demeure en Indre-et-Loire, Loiret et Eure-et-Loir de façon anecdotique. Les départements de l’Indre et du Cher concentrent à eux deux une douzaine de stations.
Crédit photo : © Pierre Boudier