Les étangs, des zones humides essentielles
Des zones humides majeures
Tout comme la mare, l’étang accueille une biodiversité d’exception, étroitement liée à la mosaïque des milieux installée sur ses abords en fonction des pentes et des fluctuations du niveau d’eau. En effet, un étang peut accueillir, de sa périphérie vers son centre, boisements marécageux et prairies humides, roselières, puis ceintures de végétation aquatique immergée et flottante remarquables.
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(photo Isabelle Gravrand) |
La qualité de l’eau d’un étang influence la végétation qui s’y développe. Elle est elle-même liée à ce qui l’alimente et l’entoure : type de sols, occupation du sol (cultures, prairies naturelles pâturées ou non, boisement, bords de route, habitations…). Ainsi on parle d’étang oligotrophe quand ses eaux sont très pauvres en éléments minéraux nutritifs et à l’inverse d’étang eutrophe quand elles en sont chargées. Cette distinction a son importance puisque, selon ces caractéristiques, vont s’épanouir des flores différentes : la Littorelle à une fleur préfère les eaux pauvres, tout comme le Flûteau nageant et la Pilulaire, toutes trois protégées en France.
Presque totalement immergée, l’Utriculaire commune, protégée en région Centre, est une plante carnivore qui piège petits insectes et autres invertébrés aquatiques dans des outres situées sur ses racines. Seule dépasse sa fleur jaune, loin d’annoncer ses intentions. Les étangs plus « nourris » accueillent quant à eux une végétation plus luxuriante depuis les nénuphars jusqu’aux roseaux qui en dessinent les contours.
Les étangs sont également réputés pour leur richesse en oiseaux, migrateurs comme sédentaires : habitation principale pour de très nombreux canards, zone de chasse ou de pêche pour les hérons (Héron pourpré) et les aigrettes (Aigrette garzette et Grande aigrette), sites de nidification pour le Grèbe à cou noir ou la Guifette moustac... Les grandes roselières, milieux en nette régression, peuvent héberger le Butor étoilé, le Blongios nain, le Busard des roseaux ou encore des passereaux tels que la Rousserolle turdoïde et la Locustelle luscinioïde.
Bien d’autres espèces aux noms évocateurs (Phragmite des joncs, Cisticole des joncs, Bruant des roseaux) dépendent du roseau et des plantes associées qui ont, de plus, des capacités d’épuration reconnues. Elles fixent les nitrates, les phosphates, ainsi que les particules en suspension, présents dans l’eau. L’épuration des eaux usées par lagunage naturel ou filtres plantés de roseaux est une application pratique de ces propriétés.
De nombreuses espèces d’odonates (libellules et demoiselles) vivent également ici : l’Aeschne isocèle, encore présent e en Brenne mais considérée en danger sur la liste rouge nationale*, la Cordulie à corps fin, au thorax vert métallique et à l’abdomen taché de jaune, ou encore l’Agrion de mercure à l’abdomen fin rayé de bleu et de noir…
Les vases mises à nu sur les pourtours de l’étang ou en période d’assec attirent les limicoles, ces oiseaux aux longues pattes qui fouillent la vase de leur non moins long bec, comme le Chevalier gambette ou la Bécassine des marais.